Centre de chirurgie orthopédique et de chirurgie de la main
Dr Michel Christofilis, Dr Guillaume Robert, Dr Hadrien Giorgi, Dr Emilie Roustand

Hallux Valgus

Introduction

L’hallux valgus est une pathologie très fréquente et essentiellement féminine (95%). Il correspond à un déplacement du premier métatarsien et de l’hallux ( gros orteil). La tête du premier métatarsien fait saillie sous la peau qui se trouve coincée entre cet os et la chaussure et qui va s’ enflammer ( = bursite= oignon).

Si la déformation s’aggrave l’hallux pousse les orteils latéraux qui se rétractent ( = griffes). Dans les formes évoluées, des métatarsalgies ( douleurs sous le pied) peuvent apparaître. Ces déformations entraînent des anomalies de fonction des ligaments et des muscles du pied. Une fois initiée, cette déformation ne peut que s’aggraver avec le temps.

Les causes

Les causes de cette déformation sont multiples et souvent intriquées.

  • Hérédité : on trouve des formes familiales dans 60% des cas. 
 
  • Chaussure : la forme étroite et pointue de la chaussure ( féminine) impose des contraintes importantes sur le gros orteil. La hauteur du talon favorise aussi la déviation interne du premier métatarsien. 
 
  • Hallomegalie ( = gros orteil trop long) : idéalement le gros orteil doit être plus court ( pied grec) ou de la même longueur ( pied carré) que le deuxième orteil. Lorsqu’il est plus long ( pied égyptien), le gros orteil a tendance à être rabattu vers les autres.

Les symptomes

le premier symptôme est souvent la douleur. Elle siège d’abord au niveau de l’exostose métatarsienne ( bosse ou oignon) qui frotte contre la chaussure. La localisation de la douleur est constante mais son intensité est variable et elle évolue par poussées. Avec le temps les déformations et les douleurs s’aggravent. Des douleurs sous le pied peuvent apparaître. Parallèlement , il devient difficile de trouver des chaussures confortables.

Les traitements

Seule une intervention chirurgicale permettra de corriger les déformations. Cependant les symptômes peuvent être soulagés par la prise d’antalgiques, par la modification des chaussures, par la mise en place d’orthoplasties ( petites prothèses en plastique réalisées par un podologue qui se glisse entre les orteils pour réduire les déformation et éviter les frottements) ou de semelles. Si l’intervention chirurgicale est la seule solution pour traiter un hallux valgus, cette chirurgie a encore mauvaise réputation. En effet durant de nombreuses années un très grand nombre d’intervention était proposé avec des résultats souvent décevants. Le pied restait déformé, la déformation réapparaissait ou de l’arthrose se développait au niveau du gros orteil. Cette intervention était aussi très douloureuse. Mais depuis plusieurs années de multiples interventions ont été abandonnées et des techniques nouvelles se sont imposées. Les interventions modernes sont des ostéotomies ( nous coupons l’os pour lui redonner sa position originelle) portant sur le premier métatarsien et sur la première phalange du gros orteil, exactement là où siège la déformation.

Ces ostéotomies permettent de corriger toutes les anomalies avec des résultats fiables et constants.

Enfin certains hallux valgus ( environ 10%) peuvent être traités par des techniques percutanées ( = à travers la peau) qui ne nécessitent pas d’incisions. Ces techniques sont très récentes et encore en cours d’évaluation. Lorsqu’il existe aussi des déformations des autres orteils, leurs corrections se font souvent par des techniques percutanées ( libérations articulaires, section tendineuses, ostéotomies).

Suites opératoires

Nous ne réalisons pas ces interventions en ambulatoire, nous préférons une hospitalisation de 24 à 48 heures. L’anesthésie est loco-régionale, seul le pied ou la jambe est endormi. Une analgésie locale complémentaire est réalisée en fin d’intervention pour endormir la zone opérée pendant plus de 12 heures. Parallèlement des antalgiques et des anti-inflammatoires sont prescrits pour plusieurs jours pour obtenir un contrôle optimal des douleurs post opératoires. Ainsi grâce aux progrès de l’anesthésie ces interventions sont devenues quasiment indolores. Dés le lendemain de l’intervention la marche avec appui est autorisée avec l’aide de chaussure thérapeutique qui évite toutes contraintes sur la zone opérée. Cette chaussure est maintenue un mois, le temps que l’os consolide.

Durant toute cette période : les antalgiques doivent être pris de façon systématique ( durant la première semaine), le pied doit être surélevé pour favoriser la circulation sanguine, de la glace doit être appliquée plusieurs fois par jour. Ces mesures sont impératives pour limiter le gonflement du pied, source de douleurs et de difficultés pour se chausser. Un pansement spécifique est fait au bloc opératoire. Il n’est refait que par le chirurgien au 8è-10è jour post-opératoire.

Un mois après l’intervention des chaussures normales, mais confortables peuvent être portées. Il ne faut pas envisager un chaussage strictement normal avant trois mois post opératoires ( temps qu’il faut à l’œdème pour se résorber totalement). Un arret de travail de 45 à 60 jours est en général nécessaire.

Complications

Comme pour toute intervention chirurgicale nous déplorons des complications dans 20% des cas :

  • Infections : les infections profondes nécessitant une nouvelle intervention sont rares. 
 
  • Troubles de cicatrisation ( les plus fréquentes mais souvent bénignes ne nécessitant que des soins infirmiers)
  • Fractures, démontages, défaut de consolidation osseuse ( 1 à 4%)
  • Corrections insuffisantes, hypercorrection ( hallux varus) ( 2 à 5%), algo dystrophie, arthrose

Résultats

Grâce aux progrès récemment réalisés tant au niveau des techniques chirurgicales que des de la prise en charge des douleurs nous obtenons des bons résultats dans 80% des cas. Ainsi les douleurs sont absentes ou légères dans plus de 90% des cas et la correction des déformations est totale dans 80% des cas.

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