Centre de chirurgie orthopédique et de chirurgie de la main
Dr Michel Christofilis, Dr Guillaume Robert, Dr Hadrien Giorgi, Dr Emilie Roustand

Hernie Discale Cervicale

Définition:

La névralgie cervico-brachiale est une lésion d’un disque séparant deux vertèbres de votre cou. La lésion du disque (discopathie), provoquée soit par un traumatisme, soit le plus souvent par l’usure, peut entrainer une compression sur les structures nerveuses (racine nerveuse ou moelle épinière).

La déchirure du disque entraîne une inflammation locale responsable d’une contracture réflexe : c’est la cervicalgie aiguë ou torticolis.

Le fragment de hernie discale, s’il migre en direction d’une racine nerveuse (dans le canal rachidien ou à la sortie de celui-ci), entraîne une irritation de cette racine. L’irritation entraîne un douleur dans le trajet des fibres nerveuses correspondant à la racine, c’est-à-dire une douleur traçante dans la membre supérieur situé du côté de la hernie discale. On parle alors de névralgie cervico brachiale (NCB).

L’irritation nerveuse peut entraîner une paralysie (partielle ou complète) dans le membre supérieur concerné, une douleur très vive empêchant le patient de dormir (névralgie hyperalgique).

 

 

 

Examens Complémentaires:

Même si le chirurgien, en vous examinant,  peut déjà avoir une idée précise du niveau discal à l’origine du problème, un certain nombre d’examens complémentaires sont aujourd’hui utiles pour confirmer l’endroit où siège la lésion et éliminer d’autres maladies, qui pourraient donner des signes trompeurs.

  • La radiographie standard : elle permet de reconnaître le niveau du disque atteint, car en général, le disque est moins haut et partiellement écrasé. La radiographie permettra également d’étudier la courbure générale de la colonne cervicale, il est parfois utile de réaliser des radiographies en flexion et extension (clichés dynamiques). Cet examen radiologique ne présente pas de danger d’irradiation, sauf s’il était répété très souvent.
  • Le scanner (ou tomodensitométrie) : qui utilise également les rayons X, permet de visualiser le disque de façon plus précise, par tranches, il permet de bien préciser la taille de la hernie, sa position et si elle s’accompagne de constructions osseuses liées à l’arthrose. Parfois le radiologue décide de faire une injection intra veineuse d’iode, de façon à mieux voir l’environnement de la hernie.
  • L’imagerie par résonance magnétique (IRM) : elle permet de donner des informations complémentaires à celles du scanner, en montrant mieux les tissus mous environnants et en permettant de donner une information sur la qualité des tissus, elle montre par contre moins bien les structures osseuses. Elle détecte particulièrement bien les lésions de la moelle épinière (myélopathie cervicale) en cas de rétrécissement du canal lié à l’arthrose ou à une très grosse hernie
  • L’électromyogramme (EMG) : Il permet d’étudier la qualité de fonctionnement des nerfs, de confirmer et de préciser la gravité de la compression nerveuse.

 

 

 

 

Traitement Médical:

Dans les formes légères ou débutantes, des traitements médicaux sont institués :

  • Médicaments contre la douleur (des simples médicaments antalgiques jusqu’à la prescription de morphine dans les douleurs très intenses).
  • Des médicaments anti-inflammatoires ou corticoïdes car la lésion s’accompagne souvent d’oedème et d’inflammation (les anti-inflammatoires sont prescrits si vous les supportez, des médicaments protecteurs gastriques sont parfois utiles).
  • Des médicaments agissant sur la contracture musculaire, les myorelaxants.
  • L’immobilisation du cou par un collier orthopédique ou une minerve, est utile.

Une fois la période très douloureuse passée, ces traitements médicaux peuvent être complétés par des séances de rééducation.

Si la douleur persiste ou s’aggrave, on peut proposer des infiltrations (injections d’anti-inflammatoires puissants).

 

Quand Faut-il opérer:

L’intervention est décidée rapidement (urgence), s’il existe une paralysie profonde. Souvent on attendra quelques semaines de traitement médical avant de vous proposer, en cas d’échec, une intervention chirurgicale.

En accord avec votre chirurgien et selon la balance bénéfices-risques il vous a été proposé un traitement par voie antérieure de votre hernie cervicale. Le chirurgien vous a expliqué les autres alternatives. Il va de soi que votre chirurgien pourra, le cas échéant en fonction des découvertes per opératoires ou d’une difficulté rencontrée, procéder à une autre technique jugée par lui plus profitable à votre cas spécifique.


Traitement Chirurgical:

Le but de l’opération est de supprimer l’irritation de la racine nerveuse en supprimant sa cause : la hernie discale.

L’indication chirurgicale est portée par le chirurgien, et nécessite un consentement éclairé du patient. Le chirurgien doit expliquer les causes des douleurs au patient, l’évolution possible en l’absence de traitement, le traitement nécessaire, avec ses contraintes et risques propres. L’intervention se déroule sous anesthésie générale. Une consultation avec le médecin anesthésiste est donc obligatoire avant toute intervention.

A l’étage cervical, la moelle épinière crée une barrière à l’abord postérieur de la hernie : la technique de référence consiste en la résection de la hernie et du disque dans sa totalité par un abord antérieur dans le cou (on parle de discectomie - arthrodèse).

L'intervention se déroule sous anesthésie générale, et dure entre 45 minutes et 2h30, selon le geste réalisé.
Le chirurgien incise la peau dans un pli du cou et passe, selon les cas, à droite ou à gauche de la trachée et de l’œsophage. Il enlève le disque intervertébral (discectomie), ce qui lui permet de retirer la hernie discale, ou les ostéophytes (excroissances osseuses comprimant les nerfs ou la moelle). La stabilisation est assurée par une cale (cage) à la place du disque et par une plaque vissée.

La peau est refermée avec des agraffes qui sont retirées au bout de 10 jours de cicatrisation.
Le mise en place d'un drain n'est pas systématique et dépend du nombre d'étages traités dans le même temps opératoire.

 

 

 

 

 

En cas de pathologie atteignant plusieurs étages cervicaux, la discectomie-arthrodèse peut être étendue sur 2 ou à 3 étages, lors de la même intervention.

 

 

 

Suites Opératoires:

Le patient peut se lever le jour de l’intervention. Lorsqu'un drainage a été mis en place, il est enlevé le lendemain matin. Cette opération n’est pas très douloureuse au niveau de la plaie. Elle entraîne une gêne pour avaler, (comme une angine), et parfois des douleurs entre les omoplates pendant 48 à 72 heures.

La sortie s'effectue le lendemain ou le sur-lendemain de l'intervention, en fonction du geste réalisé. Le port de la minerve n’est pas systématique; elle est proposée uniquement en cas de douleurs cervicales. La reprise du travail se fait entre 6 semaines et 3 mois après l'opération, en fonction de l’activité du patient.

 

Risques Opératoires:

Il existe des risques et des inconvénients, comme pour toute intervention chirurgicale. L'opération n’est proposée que si les bénéfices attendus sont supérieurs aux riques encourus:

- Risques propres à l’anesthésie, au positionnement sur la table d’opération, la phlébite ou l’ embolie pulmonaire, ou l’accident vasculaire cérébral sont exceptionnels. 

- La lésion d’un organe profond (trachée, œsophage, artère carotide ou veine jugulaire) sont également extrêmement rares, comme les complications neurologiques (insensibilité, faiblesse ou paralysie <1%). En cas de myélopathie, ce risque est plus élevé, pouvant aller jusqu’à 3 %. Le risque de paralysie complète et définitive existe (tétraplégie).

- Le nerf laryngé supérieur (nerf des cordes vocales) peut être étiré (< 1%) dans des interventions complexes, ou très basses (en dessous de le vertèbre C7) ce qui entraine une voix bitonale parfois définitive.

- L’hématome compressif du cou (1%) peut entrainer une gêne importante à la déglutition et parfois à la respiration, pouvant nécessiter une réintervention pour son évacuation.

- Insuffisance de résultat (10 %): des douleurs peuvent persister, souvent moins importantes qu’avant l’intervention, du fait d’une compression trop longue ou trop sévère, ou bien du fait d’un défaut de consolidation en cas d’arthrodèse.

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